“Being an artist means,
not reckoning and counting, but ripening
like the tree
which does not force its sap
and stands confident
in the storms of spring, without the fear
that after them may come no summer.”
— Rainer Maria Rilke
La mémoire de l’eau
Le jour de l’événement (i.e. du trauma), c’est comme si une partie de l’âme s’échappait du corps. Celle qu’il faut garder intacte. Celle qui sourit encore sur les photos d’enfance. L’événement peut prendre toutes les formes du monde: un accident, le coup de téléphone fatidique (…)
Le lendemain
L’horreur de l’acte, c’est que j’avais tout préparé à l’avance. Le sac à dos, les indispensables, le passeport. Quelques jours plus tard, on m’attendrait à l’aéroport. À ce moment-là, je n’avais vu que deux solutions possibles: la fuite ou la mort et j’avais choisi les deux. J’étais partie en la tuant elle, Eva (…)
L’errance des grands jours
C’est ma faute. J’avais établi, il y a longtemps, que quand les choses tourneraient mal, je me couperai simplement du reste du monde. Petite, tu te rappelles? J’appelais ça l’extinction. (…) Mais j’ai peur. Je crois que je suis restée bloquée, Lidy. Je n’arrive plus à en sortir. (…)
“It does come. But it comes
only to the patient,
who are there as though eternity lay before them,
so unconcernedly still and wide.
I learn it daily, learn it with pain
to which I am grateful:
patience is everything!”
