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“Being an artist means,

not reckoning and counting, but ripening

like the tree

which does not force its sap

and stands confident

in the storms of spring, without the fear

that after them may come no summer.”

— Rainer Maria Rilke

Enivrez-vous

Il faut être toujours ivre. Tout est là: c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrez sans trêve. Mais de quoi? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

 

“Il faut être toujours ivre. Tout est là: c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrez sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelques fois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : “il est l’heure de s’enivrer! Pour n’être pas les esclaves martyrisés de Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.”

— Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris (Petits Poèmes en Prose), 1869.

 

Paris, quais de Seine, par Paul Almásy, 1955.

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Je veux être ta fleur sauvage

Je l'ai senti, par un beau matin de printemps, alors que je rêvais d'être ailleurs, de faire quelque chose d'important; j'ai senti que peut-être, je pourrais Te laisser entrer, pour une fois (…)

 

Je l'ai senti,

Par un beau matin de printemps,

Alors que je rêvais d'être ailleurs,

De faire quelque chose d'important;

J'ai senti que peut-être, je pourrais Te laisser entrer,

Pour une fois,

Rester tranquille,

Ouvrir les fenêtres

Et me souvenir

De ce que ça fait d'avoir un Père,

À qui je peux tout confier;

Gravir les montagnes,

Traverser les rivières,

Avoir confiance,

Grimper aux arbres,

Et murmurer entre les branches…

Je Te promets.

De ne plus leur accorder d'importance

À ces choses qui disparaissent,

De ne penser qu'à ta justice,

Ou comme on dirait ici, ta paix.


Je Te promets

D'être ta petite fleur sauvage, mon Père,

Douce,

Aimante,

Disparue en un souffle, si tu le souhaites.

Envoie juste le vent,

Et pour ta gloire,

Je me laisserai disparaître.


Je Te promets

De servir,

Et de ne plus rêver que de ceci :

Les voir heureux, eux,

Les voir libres;

De me fatiguer,

Pour qu'eux se reposent et t'admirent.

Je Te promets

De devenir ton refuge, ton foyer,

Pour que Tu saches qu’en moi,

Tu peux te reposer.

Laisse-moi être ta fleur sauvage,

Et je te promets de consacrer le reste de mes jours

À te faire sentir dans mon cœur

Comme chez toi, Seigneur. —


♡

 
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“It does come. But it comes

only to the patient,

who are there as though eternity lay before them,

so unconcernedly still and wide.

I learn it daily, learn it with pain

to which I am grateful:

patience is everything!”